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LE BON GRAIN ET L'IVRAIE
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La Vierge Marie : non seulement Mère… mais Génitrice de Dieu :

Là est toute la différence…

Résumé : la Vierge Marie qualifiée par le Magister Papal, non pas de « Mère de Dieu »… mais de « Génitrice de Dieu »… argument vers une reconnaissance de Sa divinité ?

Ce n’est guère poétique comme vocabulaire mais la Vierge Marie est qualifiée par le Magister Papal, non pas de « Mère de Dieu » selon une vulgarisation euphémisante… mais de « Génitrice de Dieu [1]»… Nuance toute pratique… car génitrice précise bien celle qui fait naitre un être vivant issu de ses propres gènes…

Et tout aussi peu poétique, le Magister Papal appelle aussi la Vierge Marie « Deipare »… Ce qualificatif de Deipare signifie seulement que la Vierge Marie « accouche d’un Dieu [2]».

Pourquoi donc prendre la peine de préciser sous ce vocable technique que la Vierge Marie est Génitrice de Dieu… ?

Par un procédé artificiel une femme peut accoucher d’un être vivant sans en être la génitrice… elle est alors seulement gestatrice, qui signifie celle qui porte[3]. Mais le Magister Papal n’appelle pas la Vierge Marie Gestatrice de Dieu, bien qu’elle le soit aussi, mais bien Génitrice de Dieu

Le Concile Vatican II écrit : « de la glorieuse toujours Vierge Marie, Génitrice de Dieu et de notre Seigneur Jésus-Christ [4]» (§ 52). Si le Concile Vatican II fait la distinction entre « Génitrice de Dieu » et « Génitrice de notre Seigneur Jésus-Christ », ne serait-ce pas que non seulement Marie est Mère de Jésus-Christ selon l’humanité, mais de plus qu’elle serait Mère de Dieu selon la Divinité ? Car si la Vierge Marie est qualifiée par le Magister Papal de « Génitrice de Dieu »… ne serait-ce pas parce qu’elle serait du même « genre » ou mêmes « gènes » que le Fils de Dieu qu’elle engendre et qui est Dieu Lui-même : ce simple terme de « Génitrice de Dieu » ne dit-il pas simplement que la Vierge Marie serait Dieu de même que son Fils est Dieu ? Ce simple terme de « Génitrice de Dieu » n’affirme-t-il pas que la Vierge Marie n’est pas simplement la mère porteuse de Dieu, mais engendre Dieu de sa nature de Dieu ? Ce mot de Génitrice, non pas de l’homme mais de Dieu, implique logiquement que Mère et Fils soient de même Nature. Qu’en pensez-vous ?

C’est sans doute ce que doit penser cet archevêque qui compose un ode à Marie en la qualifiant de « génitrice d’en-haut »… qui « domines aux astres »… car l’archevêque de Patras, participant au 16ème siècle au Concile œcuménique de Latran V, a cité, ou peut-être chanté, dans un discours devant le Pape Léon X ce chant à Marie :

Clarté des vierges, génitrice d’en-haut,

Gloire du genre humain Marie

Notre unique.

Seule toi vierge tu domines aux astres,

Seule toi clarté de la terre, de la mer, et même

Du ciel, pour les commencements que tu favorises, nous prions

(Par) L’Illustre pour nous. [5]

 

Cet archevêque de Patras, ville qui connut le martyre de l’apôtre saint André et abrite son tombeau, chante cet ode à Marie « génitrice d’en-haut » : c’est affirmer sa pensée que la Vierge Marie est non seulement « génitrice d’en-bas » sur terre de l’humanité de Notre Seigneur Jésus-Christ, mais de plus « génitrice d’en-haut » dans les splendeurs célestes de sa Divinité de Fils de Dieu ; né du Père avant tous les siècles selon le Credo Catholique…

 

Par Arnaud Barbey le 24 décembre 2019

 


[1] Par exemple : le Concile œcuménique de Trente, session 5, Décret du péché originel, chap. 5 ; Léon XIII dans  De Rosario Mariali ; Pie XI dans Lux Veriatis ; ou plus récemment lors du Concile Vatican II dans Lumen Gentium de Paul VI.

[2] Deipare est un mot latinbâti de la même manière que oviparus donnant le français ovipare qui signifie « accouche d’un œuf »… Deipare signifie « accouche de Dieu ».

[3] Du latin gestatrix qui signifie « celle qui porte ».

[4] Traduit du latin canonique : « gloriosae semper Virginis Mariae, Genitricis Dei et Domini nostri Iesu Christi » (Concile Vatican II, Lumen Gentium § 52).

[5] Chant à Notre-Dame relaté au saint Concile de Latran V sous les Papes Jules II puis Léon X, dans le discours de l’archevêque de Patras, Patracensis dans le Péloponnèse, lors de la session X en 1515 :

 « Omnium splendor, decus, et perenne Virginum lumen, genitrix superni, Gloria humani generis Maria Unica nostri. Sola tu virgo dominaris astris, Sola tu terra, maris, atque cali Lumen, inceptis faveas, rogamus Inclyta nostris. » Source : Sacrosancta Concilia de Labbei et Cossarti Ad Regiam Editionem, venetiis MDCCXXXII, tome 19, page 918. Consultable sur internet en version numérique sur patristica.net/labbe, édition de 1728 à 1733.

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